Louise Combier
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Tout a commencé dans un parc à Lyon. Assis sur un banc, juste avant le tournage avec Claire Days, je reçois un mail d’Hervé Girard : une artiste que je ne connaissais pas encore, Louise Combier, en concert à la médiathèque Le Clos Saint-Louis à La Seyne-sur-Mer. Je note la date, simplement par curiosité.
Le soir du concert, je rencontre Franck, son manager. Très vite, il me dit qu’ils seraient intéressés pour réaliser une vidéo ensemble. La proposition me plaît — mais une question commence à tourner : comment réussir une session acoustique avec une artiste qui joue principalement sur piano numérique ?
L’idée finit par s’imposer d’elle-même : Les Voûtes à Toulon, un lieu à part où les artistes viennent créer et partager — et dont je me souvenais qu’il y avait un piano à l’accueil.
« Les airs tristes sont venus très tôt dans ma vie et m'ont bouleversé. »
Le jour J, je suis déjà sur place en train de déplacer le piano. Aux Voûtes, le réseau est quasiment inexistant — je ne vois pas leurs appels. Je continue à m’activer, concentré sur l’installation. Puis soudain, au loin, quelqu’un crie : Franck et Louise sont derrière le grand portail fermé.
Je leur montre le piano, en prévenant Louise avec un petit doute : « Il est peut-être un peu faux… » Elle s’assoit, pose les mains sur le clavier, joue quelques notes, relève la tête avec un grand sourire : « Ça fera l’affaire. » À ce moment précis, j’ai su que ça allait le faire.
Le piano n’était clairement pas accordé à 100%. Mais c’est justement ce qui faisait le charme de l’instant — une imperfection vivante, très représentative de l’esprit des sessions que j’aime filmer. Si vous regardez la vidéo jusqu’à la fin, vous entendrez même une note un peu moins juste que les autres. C’est aussi ça qui rend ce moment unique.
Pendant le tournage, un autre imprévu : le soleil s’invite pile dans la lucarne des Voûtes. Sur le moment, je pense que le plan est fichu — trop de lumière, trop direct. Finalement, ça crée un halo magnifique dans l’image. Un de ces accidents heureux qu’on ne peut pas prévoir.
Le temps file vite. Louise et Franck doivent partir pour les balances du concert du soir. Ils quittent les Voûtes, et je reste là quelques instants, encore porté par ce moment. Une rencontre simple, imprévue — mais qui restera gravée dans cette session.