Anthony Herbin
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Je me souviens très bien de la première fois où j’ai vu Anthony Herbin sur scène. C’était il y a une dizaine d’années, aux Halles de Toulon, lors d’un concert de son groupe Boreal Wood. Ce soir-là, une chose m’avait marqué : le talent évident d’Anthony, notamment pour écrire des chansons pop à la fois sensibles et accrocheuses.
Quelques années plus tard, sous le nom de Lune Apache, son univers s’est déplacé vers des territoires plus psychédéliques, avec des textes en français — un virage remarqué, jusqu’à attirer l’attention d’Étienne Daho.
Aujourd’hui, Anthony explore un nouveau chemin, plus épuré, plus intime. La folk est devenue le cœur de son projet solo, nourrie par des influences comme Bob Dylan, Nico, ou plus récemment José González.
« La vibration de la caisse contre le torse, ce sont des sensations qui sont vraiment agréables. Au-delà des cinq sens, il y a cette espèce de sixième sens, aussi d’envol, qui apparaît, où on se sent un peu connecté à autre chose. »
Réveil aux aurores le vendredi 14 novembre 2025. Objectif : attraper les plus belles couleurs du jour. Je récupère Anthony sur le parking du Revest et nous voilà en route vers Méounes. Sur la route, le temps file au rythme de nos discussions : la musique, son évolution, nos influences. De mon côté, je l’avoue, encore un peu KO après une petite fiesta la veille.
Arrivés sur place, le spot parfait que gardait Anthony en mémoire s’avère difficilement praticable. Marc, l’hôte du lieu, nous propose alors une autre direction — révélation. Un petit pont plein de charme, un décor idéal, et ce gros caillou qui semblait nous attendre.
La pluie s’invite, le timing se resserre. On enchaîne les prises rapidement. Heureusement que la dernière fut la bonne — sur les autres, j’avais oublié de ranger du matériel bien visible. Tournage terminé, on s’apprête à repartir quand je lâche : « Attends… j’ai oublié les photos. »
Après le tournage, direction chez Amélie et Marc. Dès l’entrée, leur maison raconte une histoire à elle seule. On s’installe, un café à la main, et la conversation dérive de sujets en sujets. Puis Marc se met à questionner Anthony sur sa vie de musicien. À cet instant précis, j’ai su que c’était le moment. J’ai branché les micros. L’interview pouvait commencer — spontanée, vraie.
Plus tard, retour vers Le Revest-les-Eaux. Autour d’une table à la Brasserie La Fontaine, un repas généreux, le photographe Cyril Perronace nous a rejoints. On a bien mangé et bien ri. Une conclusion parfaite pour ce projet.