Claire days
|
J’ai découvert la musique de Claire Days avec Emotional Territory — une folk intime, hybride et chargée de poésie. Sa voix m’a tout de suite marqué : calme, force et sincérité.
En 2022, je la vois sur scène deux fois : d’abord au festival Faveur de Printemps aux côtés d’Emily Jane White, puis à La Meson à Marseille — l’un des concerts qui a sûrement déclenché en moi l’envie de capter l’art dans ce qu’il a de plus brut.
Quelques années plus tard, sur la route vers la Bourgogne, je fais une halte à Lyon pour enregistrer le premier « Messe Basse » avec elle — un format en plan-séquence, spontané et sans filtre.
« Je pense qu’il faut du temps et de l’attention pour vraiment plonger dans l’univers d’un artiste, d’une artiste. »
Je suis parti tôt le matin d’Eygalières, direction la Bourgogne, avec une escale prévue à Lyon. On s’était donné rendez-vous chez elle en fin d’après-midi — accueilli par la chaleur simple d’un moment partagé autour d’un thé et d’un melon à éplucher.
Très vite, la conversation s’est engagée : musique, création, engagement, et ce que cela signifie d’être artiste aujourd’hui. Tout en parlant, on a commencé à rêver notre tournage. Direction le bois de Serres, à quelques kilomètres de là. C’est un passant croisé par hasard qui nous a guidés vers le spot idéal.
Je ne savais pas encore ce qu’elle allait jouer. Et puis les premières notes sont arrivées : Archeology, son single. Un moment suspendu, brut, rendu presque tactile par les craquements des branches mortes sous mes pieds — ils sonnent, dans le rendu final, comme des vinyles anciens. La nuit nous a forcés à rebrousser chemin. Un moment rare, simple et précieux.
Cette interview a été enregistrée juste après le tournage, en voiture. On parle de musique, de valeurs, de ce que c’est aujourd’hui d’être artiste. Moi, un peu trop concentré sur la discussion et pas assez sur le GPS, j’ai frôlé quelques trottoirs, loupé pas mal de rues, et frisé l’accident une ou deux fois. Aucune voiture ni artiste n’a été blessée — la mission est bel et bien accomplie.
Je vous invite à plonger dans l’univers de Claire, à (re)découvrir sa discographie et son dernier album I Remember Something. Surtout, allez la voir en concert — c’est là que la magie opère vraiment.